Stellantis et Wayve dévoilent une conduite mains libres pilotée par l’IA à Turin
Stellantis et Wayve veulent faire passer la conduite assistée par intelligence artificielle à une nouvelle étape. À l’occasion de l’événement « Wave by Vento 2026 », organisé à Turin du 7 au 9 octobre, les deux partenaires présenteront des prototypes capables d’assurer une conduite automatisée supervisée, mains libres et de porte à porte dans des conditions réelles.
Derrière cette démonstration, l’enjeu dépasse la prouesse technologique. Stellantis et Wayve cherchent à montrer comment l’IA peut s’intégrer concrètement dans la vie quotidienne pour réduire la charge mentale du conducteur, fluidifier les trajets et rendre la mobilité plus intuitive.
Une démonstration grandeur nature de la conduite pilotée par l’IA
Pendant trois jours, « Wave by Vento 2026 » réunira dirigeants, experts technologiques et acteurs de l’innovation autour des transformations liées à l’intelligence artificielle.
Stellantis et Wayve y occuperont une place particulière avec des démonstrations à bord de prototypes basés sur deux modèles bien connus du groupe : la Fiat 500e et la Maserati Grecale.
Ces véhicules intègrent le système STLA AutoDrive, associé à la technologie Wayve AI Driver. L’objectif est de proposer une conduite automatisée supervisée, sans intervention du conducteur, sur un parcours de porte à porte.
Autrement dit, l’ambition n’est plus seulement d’aider ponctuellement l’automobiliste. Il s’agit de créer une expérience dans laquelle l’intelligence artificielle prend en charge une partie beaucoup plus importante de la conduite, tout en maintenant la supervision requise.
Fiat 500e et Maserati Grecale passent à la conduite mains libres
Le choix des deux prototypes n’est pas anodin.
La Fiat 500e et la Maserati Grecale appartiennent à deux univers très différents. L’une représente une mobilité urbaine compacte et électrique, tandis que l’autre évolue dans le segment premium des SUV.
En intégrant la même base technologique sur ces deux véhicules, Stellantis et Wayve veulent démontrer la capacité de leur solution à fonctionner sur différentes plateformes, architectures et configurations automobiles.
Cette approche pourrait surtout permettre d’éviter de développer un système d’aide à la conduite complètement différent pour chaque modèle.
C’est là que se trouve l’un des enjeux industriels majeurs : si une même technologie peut être adaptée à plusieurs véhicules, son déploiement à grande échelle devient beaucoup plus envisageable.
Une technologie déjà testée sur le Jeep Grand Cherokee
Les démonstrations de Turin prolongent un travail présenté quelques mois plus tôt.
Un prototype Jeep Grand Cherokee équipé de cette technologie avait été présenté lors de l’Investor Day de Stellantis en mai 2026.
Avec la Fiat 500e et la Maserati Grecale, le groupe dispose désormais de trois véhicules de développement reposant sur cette même base technologique de conduite assistée par intelligence artificielle.
Pour Stellantis, cette multiplication des configurations constitue un test grandeur nature de la flexibilité de son approche.
L’objectif à terme est de pouvoir étendre les systèmes avancés d’aide à la conduite à davantage de marques, de plateformes et de profils de clients, sans repartir de zéro à chaque nouveau véhicule.
Stellantis et Wayve veulent rendre la conduite plus naturelle
Au-delà des algorithmes et des plateformes technologiques, le partenariat poursuit un objectif très concret : simplifier l’expérience de conduite.
Dans la circulation quotidienne, la fatigue ne vient pas uniquement du fait de tenir le volant. Anticiper, surveiller les autres véhicules, gérer les intersections, maintenir son attention et prendre constamment des décisions sollicitent fortement le conducteur.
L’IA pourrait progressivement prendre en charge une partie de ces tâches.
Stellantis et Wayve souhaitent ainsi réduire ce qu’ils décrivent comme l’effort mental associé à la conduite, afin de proposer une expérience plus fluide, naturelle et confortable.
L’idée est finalement assez simple : la technologie doit se faire oublier pour devenir réellement utile.
Wayve apporte son intelligence artificielle de conduite
Le rôle de Wayve est central dans cette stratégie.
La société apporte son système Wayve AI Driver, une technologie d’intelligence artificielle conçue pour permettre au véhicule de percevoir son environnement et de prendre des décisions de conduite.
Associée à l’expertise de Stellantis en matière d’ingénierie automobile et à ses plateformes évolutives, cette technologie doit permettre d’accélérer le développement des systèmes avancés d’aide à la conduite.
Le partenariat repose donc sur une complémentarité : Wayve fournit l’intelligence de conduite, tandis que Stellantis apporte son savoir-faire industriel, ses architectures automobiles et son portefeuille de marques.
Une première commercialisation prévue en 2028 en Amérique du Nord
Annoncé en mai 2026, le partenariat entre Stellantis et Wayve prévoit dans un premier temps de se concentrer sur la conduite automatisée supervisée sans intervention du conducteur, de porte à porte.
Les premiers cas d’usage ciblent notamment les environnements autoroutiers et urbains.
Le lancement du premier produit issu de cette collaboration est prévu pour 2028 en Amérique du Nord.
Cette échéance laisse encore plusieurs étapes à franchir, notamment en matière de développement, de validation technologique, de réglementation et d’acceptation par les utilisateurs.
Car entre une démonstration convaincante et une technologie disponible à grande échelle, le chemin peut être long.
Antonio Filosa et Alex Kendall réunis à Turin
La stratégie technologique du partenariat sera également au cœur d’une rencontre entre Antonio Filosa, CEO de Stellantis, et Alex Kendall, cofondateur et CEO de Wayve.
Intitulée « Technology Made for Humans », la session abordera l’avenir de la mobilité pilotée par l’intelligence artificielle et le rôle des partenariats technologiques dans le déploiement de solutions à grande échelle.
La discussion sera animée par Adam Jonas, spécialiste de l’intelligence artificielle incarnée et de la robotique chez Morgan Stanley.
Le rendez-vous est prévu le 9 octobre à 11h20, sur la scène principale de Fucine, dans le cadre de « Wave by Vento 2026 ».
Quand l’IA doit s’effacer derrière l’expérience
Avec cette collaboration, Stellantis défend une vision assez claire de la voiture intelligente.
L’enjeu n’est pas simplement d’accumuler des technologies ou de multiplier les fonctionnalités. Il s’agit de créer des systèmes capables d’apporter une utilité réelle au conducteur, sans transformer chaque trajet en démonstration technologique.
La Fiat 500e, la Maserati Grecale et le Jeep Grand Cherokee servent ici de vitrines à une même ambition : développer une conduite automatisée suffisamment flexible pour traverser différentes architectures automobiles tout en conservant l’identité de chaque marque.
Si le calendrier annoncé se confirme, les premiers fruits commerciaux de cette collaboration pourraient apparaître dès 2028 en Amérique du Nord.
Une chose est déjà certaine : la prochaine bataille automobile ne se jouera pas uniquement sur la puissance des moteurs ou la taille des batteries. Elle se jouera aussi dans la capacité des voitures à comprendre leur environnement, à anticiper et, surtout, à rendre chaque trajet plus simple.
Youssef M. est journaliste web, passionné par le bien-être, le design, la culture et les tendances digitales, il signe des articles authentiques et inspirants qui allient créativité, expertise et curiosité du monde moderne.
