Votre facture d’électricité diminuera légèrement à partir du 1er février
À compter du 1er février, les consommateurs français verront leur facture d’électricité légèrement allégée. L’annonce, faite par le gouvernement à quelques jours de débats budgétaires particulièrement sensibles, se veut un signal concret en faveur du pouvoir d’achat, dans un contexte économique encore marqué par l’inflation et la pression sur les dépenses contraintes.
La mesure repose sur un ajustement technique mais aux effets bien réels. Il s’agit de la baisse de la contribution tarifaire d’acheminement (CTA), un prélèvement présent sur toutes les factures d’électricité. Cette contribution sera réduite de 25 %, ce qui se traduira par une diminution moyenne d’environ 5 % du prix de l’abonnement annuel.
Selon l’exécutif, cette décision permettra de redistribuer près de 540 millions d’euros aux usagers, qu’il s’agisse des ménages ou des professionnels. Une enveloppe significative, présentée comme un geste immédiat et tangible, sans attendre une réforme plus globale du système énergétique.
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a défendu cette orientation en soulignant son impact direct. Pour un foyer moyen, l’économie annuelle serait estimée entre 10 et 12 euros, tandis que certaines petites entreprises, comme les boulangers fortement dépendants de l’électricité, pourraient économiser jusqu’à 200 euros par an.
Une mesure neutre pour les finances publiques
Du côté de Bercy, le gouvernement insiste sur la neutralité budgétaire de cette baisse. La CTA ne finance pas le budget général de l’État, mais le régime de retraite des salariés des industries électriques et gazières. Or, ce régime est actuellement excédentaire, ce qui permet d’envisager cette réduction sans déséquilibrer ses comptes.
Cette précision vise à répondre par avance aux critiques sur un éventuel manque à gagner pour les finances publiques. L’exécutif assure qu’il ne s’agit ni d’un cadeau fiscal improvisé, ni d’un renoncement durable à des ressources nécessaires, mais d’un réajustement rendu possible par la situation financière du dispositif concerné.
Roland Lescure a toutefois tenu à tempérer les attentes. Selon lui, cette baisse ne constitue pas une transformation profonde de la tarification de l’énergie en France. Elle s’inscrit plutôt dans une logique pragmatique, destinée à produire un effet rapide et lisible sur les factures, sans prétendre résoudre à elle seule la question du coût de l’électricité.
L’annonce intervient dans un calendrier politique chargé. À l’approche de la reprise des travaux parlementaires, le gouvernement cherche à instaurer un climat plus apaisé, tout en appelant à l’adoption rapide du budget. La réduction de la facture d’électricité apparaît ainsi comme un levier politique autant qu’économique.
Sur les réseaux sociaux, le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé l’entrée en vigueur de la mesure au 1er février 2026. Il l’a également inscrite dans une stratégie plus large, évoquant un futur plan d’électrification des usages, présenté comme un pilier de la souveraineté énergétique française.
Avant son application, la décision devra encore franchir plusieurs étapes réglementaires. Le Conseil supérieur de l’énergie, la Commission de régulation de l’énergie et le Comité national des industries électriques et gazières seront consultés. Selon le ministère, ces instances ont d’ores et déjà exprimé un avis favorable.
Une fois ces consultations achevées, un arrêté sera publié au Journal officiel pour entériner la baisse. Pour les consommateurs, le changement sera automatique et visible sur les prochaines factures, sans démarche particulière à effectuer.
Sans révolutionner le marché de l’électricité, cette mesure marque une volonté politique claire : agir à court terme pour desserrer, même modestement, l’étau des dépenses énergétiques qui pèsent sur les Français.