36,3 millions de passagers : comment l’ONDA a fait décoller le ciel marocain en 2025
Le chiffre est net, presque sonore : 36,3 millions de passagers. En 2025, le trafic aérien national signe un record historique, contre 32,7 millions un an plus tôt. Une progression solide, rapide, et surtout révélatrice d’un changement d’échelle. Derrière cette performance, un nom revient avec insistance : l’ONDA, moteur discret mais central de cette dynamique.
Cette envolée n’est pas un hasard. Elle s’inscrit dans un contexte très concret : l’organisation réussie de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, qui a attiré des centaines de milliers de supporters venus des quatre coins du globe. Avions pleins, halls animés, tapis roulants sous tension : le ciel marocain a vécu une année sans temps mort.
Mais réduire 2025 à la CAN serait une erreur de lecture. La croissance observée est d’abord le fruit de la stratégie « Aéroport 2030 », pensée pour anticiper la demande plutôt que la subir. Infrastructures adaptées, parcours passager optimisé, connectivité renforcée : la machine a été huilée en amont, et le résultat s’est vu sur les compteurs.
Les grands hubs ont naturellement tiré la locomotive. Casablanca dépasse les 11 millions de passagers dès décembre, confirmant son statut de hub national et continental, porté par le plan de développement de Royal Air Maroc. Marrakech franchit, pour la première fois, le seuil symbolique des 10 millions de passagers annuels : une consécration pour une plateforme devenue incontournable sur la carte touristique mondiale.
La surprise vient de Rabat-Salé. Avec une croissance de 26 %, l’aéroport dépasse les 2 millions de passagers et s’impose comme un acteur à fort potentiel institutionnel et économique. Tanger suit le rythme avec +17 %. À eux seuls, les cinq principaux aéroports concentrent près de 90 % du trafic national : Casablanca (32 %), Marrakech (28 %), Agadir (10 %), puis Tanger et Rabat, en forte accélération. Le tourisme international reste le carburant principal.
Mais le signal le plus stratégique se joue ailleurs, loin des projecteurs. Les aéroports régionaux — Essaouira, Béni Mellal, Errachidia, Laâyoune — affichent des taux de croissance significatifs. Ce n’est pas spectaculaire, c’est structurant. Nouvelles lignes, investissements ciblés, montée en puissance du tourisme régional : le réseau se rééquilibre, territoire par territoire.
Derrière ces chiffres, un travail collectif. L’ONDA et ses équipes, en coordination étroite avec le ministère de l’Intérieur, la DGSN, la Gendarmerie Royale, l’Administration des Douanes et Impôts Indirects et le ministère du Transport et de la Logistique, ont transformé une vision en résultats mesurables. Pas de slogans. Des flux maîtrisés.
2025 ne marque donc pas un pic, mais un palier. Le réseau aéroportuaire marocain consolide ses fondamentaux et s’inscrit dans une trajectoire de croissance maîtrisée. Attractivité, connectivité, rayonnement : le Maroc ne se contente plus d’accueillir le trafic. Il l’organise, l’anticipe et, parfois, lui donne de l’avance.
Youssef M. est journaliste web, passionné par le bien-être, le design, la culture et les tendances digitales, il signe des articles authentiques et inspirants qui allient créativité, expertise et curiosité du monde moderne.