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mercredi 07 octobre 2026

TikTok supprime plus de 530.000 vidéos au Maroc en trois mois

TikTok

TikTok a supprimé 530.652 vidéos publiées au Maroc entre janvier et mars 2026, selon son dernier rapport de transparence. La plateforme a également interrompu plus de 254.000 diffusions en direct et interdit 55.664 comptes de participer aux Live. Des chiffres qui donnent la mesure de l’activité du réseau social dans le Royaume, alors que son audience publicitaire potentielle dépasse désormais 16,7 millions d’adultes.

TikTok a retiré précisément 530.652 vidéos au Maroc au premier trimestre 2026 pour non-respect de ses règles communautaires. Le volume représente environ 0,4% des vidéos publiées dans le pays sur la période.

La modération repose largement sur les systèmes automatisés de la plateforme. TikTok indique avoir détecté de manière proactive 99% des contenus retirés au Maroc. Parmi les vidéos signalées puis considérées comme contraires aux règles, 94,4% ont été supprimées dans les 24 heures.

Le dispositif n’est toutefois pas infaillible. Entre janvier et mars, 26.835 vidéos marocaines ont été rétablies après réexamen, soit un peu plus de 5% du volume initialement supprimé.

Plus de 250.000 Live interrompus

La modération ne concerne pas uniquement les vidéos classiques. Au cours du même trimestre, TikTok a interrompu 254.351 diffusions en direct au Maroc.

La plateforme a également interdit à 55.664 comptes d’utiliser la fonction Live après des violations de ses règles communautaires. Ces chiffres illustrent l’ampleur des contenus diffusés quotidiennement sur le réseau social.

À l’échelle mondiale, TikTok affirme avoir supprimé plus de 184 millions de vidéos au premier trimestre 2026.

En Afrique, le Maroc se situe derrière plusieurs marchés en matière de suppressions. L’Égypte compte plus de 3,6 millions de vidéos retirées, devant l’Éthiopie avec environ 2 millions. Viennent ensuite l’Algérie avec 1,37 million, l’Afrique du Sud avec 1,19 million et la Libye avec plus d’un million. La Tunisie affiche, elle, environ 345.000 suppressions.

16,7 millions d’adultes potentiellement accessibles

Ces chiffres prennent une autre dimension face à la progression de TikTok au Maroc.

Selon les données publicitaires compilées par DataReportal dans son rapport Digital 2026, la plateforme pouvait potentiellement toucher 16,7 millions d’adultes marocains à fin 2025. Un an plus tôt, cette audience était estimée à environ 14 millions.

La progression atteint ainsi 19,1% en un an. L’audience publicitaire potentielle représente désormais 62,3% de la population marocaine âgée de 18 ans et plus.

Ces données ne comptabilisent pas les mineurs. Or, leur présence sur les réseaux sociaux alimente précisément l’un des principaux débats autour de TikTok et des autres plateformes numériques.

La question des mineurs revient au centre du débat

En juin 2026, plus de 23 associations marocaines ont participé à Rabat à une consultation consacrée à la majorité numérique.

Les discussions ont porté sur plusieurs questions sensibles : l’âge minimal d’accès autonome aux réseaux sociaux, les mécanismes de vérification de l’âge et les obligations qui pourraient être imposées aux plateformes pour mieux protéger les jeunes utilisateurs.

Quelques mois plus tard, aucun âge légal d’accès aux réseaux sociaux n’avait encore été fixé et aucune nouvelle réglementation contraignante spécifique n’avait été adoptée.

Le débat dépasse désormais la seule question de TikTok. Il porte plus largement sur la responsabilité des plateformes face aux contenus publiés par leurs utilisateurs.

Des créateurs poursuivis au Maroc

Dans le même temps, les réseaux sociaux font déjà l’objet de procédures judiciaires au Maroc.

Depuis le début de 2026, plusieurs créateurs de contenu, notamment actifs sur TikTok, ont été arrêtés, poursuivis ou condamnés dans des affaires liées à leurs publications ou à leurs activités numériques.

Les dossiers évoqués concernent notamment des faits d’atteinte à la pudeur, de diffamation ou d’injure. Dans certaines affaires, des juridictions marocaines ont également prononcé des interdictions d’utiliser les réseaux sociaux pouvant aller jusqu’à dix ans, avec parfois la fermeture des comptes concernés.

Ces procédures ont nourri une réaction contrastée chez les utilisateurs marocains. Certains réclament désormais une interdiction de TikTok, estimant que la plateforme favorise des contenus qu’ils jugent problématiques.

D’autres défendent une approche différente. Pour eux, supprimer TikTok ne ferait que déplacer le problème : une autre plateforme pourrait prendre sa place et accueillir les mêmes pratiques.

Cette opposition résume le fond du débat. Faut-il agir contre une plateforme en particulier ou établir des règles communes à l’ensemble des réseaux sociaux ?

Un nouveau cadre juridique toujours attendu

Le gouvernement travaille depuis plusieurs années sur cette question.

Le 14 mai 2025, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, avait annoncé devant la Chambre des représentants la préparation de nouvelles règles destinées à encadrer les plateformes numériques.

Les pistes évoquées concernaient notamment la protection des mineurs, la modération des contenus, les mécanismes de signalement et l’obligation pour certaines plateformes étrangères ciblant le public marocain de disposer d’un représentant légal dans le Royaume.

Le gouvernement avait également envisagé d’élargir les compétences de la HACA aux plateformes numériques. L’objectif serait notamment de permettre au régulateur d’obtenir davantage d’informations sur les pratiques de modération, le traitement des signalements et les suppressions de contenus.

En novembre 2025, Bensaid avait par ailleurs annoncé la préparation d’un Code de la communication audiovisuelle intégrant les plateformes numériques et les nouveaux modes de diffusion.

En juin 2026, la présidente de la HACA, Latifa Akharbach, appelait encore à renforcer la transparence et la responsabilité des plateformes, tout en préservant l’innovation technologique et les libertés fondamentales.

TikTok avance plus vite que la réglementation

En octobre 2026, le nouveau dispositif juridique annoncé n’a toujours pas été présenté dans sa version définitive.

TikTok continue donc d’appliquer ses propres règles de modération au Maroc, alors que son audience progresse et que des centaines de milliers de contenus sont retirés chaque trimestre.

Avec 530.652 vidéos supprimées et 254.351 Live interrompus en seulement trois mois, la plateforme fait face à un volume considérable de contenus nécessitant une intervention.

Le véritable enjeu dépasse désormais TikTok. Il concerne la manière dont le Maroc entend encadrer l’ensemble de son espace numérique, protéger les utilisateurs les plus vulnérables et définir les responsabilités des plateformes qui touchent des millions de personnes.

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À PROPOS DE L’AUTEUR

Youssef M.

Youssef M. est journaliste web, passionné par le bien-être, le design, la culture et les tendances digitales, il signe des articles authentiques et inspirants qui allient créativité, expertise et curiosité du monde moderne.

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