MIDA 2025 : Le design intérieur marocain s’offre enfin son « Grand Chelem » à Casablanca
Le Maroc tient sa nouvelle vitrine de l’excellence spatiale. Mercredi 17 décembre 2025, la première édition des Moroccan Interior Design Awards (MIDA 2025) a transformé le Hyatt Regency de Casablanca en épicentre de la création nationale.
Le rideau se lève sur une discipline qui ne veut plus jouer les seconds rôles. Portés par le Groupe Archimedia et parrainés par le ministère de l’Habitat, les MIDA ont récompensé 19 lauréats parmi 73 projets finalistes. Cet événement marque une rupture historique : le design d’intérieur sort de l’ombre de l’architecture pure pour affirmer son identité propre. C’est un coup de maître pour structurer un secteur en pleine ébullition.
Un palmarès qui brise les codes
Le jury a passé au crible plus d’une centaine de candidatures réparties dans 16 catégories. Les résultats reflètent un Maroc qui ose. Ali Lahlou réalise un doublé remarqué, s’imposant en « Santé et bien-être » avec l’Anfa Cliff et en architecture commerciale pour ML Atelier. De son côté, Selma Laraqui a fait sensation avec son projet Shala Yoga à Marrakech, décrochant le prix de sa catégorie ainsi que le prestigieux Prix spécial du Jury.
La diversité des projets prouve que le génie marocain ne se limite pas aux grands complexes. Lamia Hamriti a bluffé l’assemblée avec « The 3 Meter Wide Building », prouvant que l’exiguïté est un moteur de créativité. Dans le secteur de l’hôtellerie, Venus Architecture a marié artisanat et modernité au Pool Bar du Dakhla Club, tandis que Youssef Benhamou rafle la mise pour son concept de maison d’hôtes.
La relève prend le pouvoir
L’événement n’était pas qu’une célébration des signatures établies. Le titre de « Jeune designer de l’année » revient à Kamil Hajji, figure de proue d’une génération qui bouscule les lignes. L’enseignement n’est pas en reste : Mohamed Mlouki et Narjiss Bour ont été salués pour leurs travaux de fin d’études, prouvant que la pépinière marocaine est fertile.
Pourquoi c’est un tournant ?
Plus qu’une simple remise de trophées, les MIDA agissent comme un observatoire des mutations sociales du pays. Bureaux, lieux de culte, espaces gastronomiques comme le « Lucy in the Sky » de Yachar Bouhaya : chaque projet raconte comment les Marocains habitent leur époque. L’objectif est clair : transformer cette plateforme en un rendez-vous annuel incontournable pour analyser les esthétiques de demain.
Le design intérieur n’est plus un luxe cosmétique. C’est désormais un levier économique et culturel majeur, validé par le succès public et critique de cette première édition.
Youssef M. est journaliste web, passionné par le bien-être, le design, la culture et les tendances digitales, il signe des articles authentiques et inspirants qui allient créativité, expertise et curiosité du monde moderne.