Alerte au Hantavirus: pourquoi le Maroc juge le risque « très faible »?

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Hantavirus

Le ministère marocain de la Santé et de la Protection sociale estime que le risque lié au hantavirus au Maroc demeure « faible à très faible », malgré une alerte sanitaire internationale déclenchée après plusieurs cas graves recensés à bord d’un navire de croisière ayant navigué dans l’Atlantique Sud.

Dans un bulletin de veille épidémiologique publié le 7 mai 2026, les autorités sanitaires marocaines indiquent suivre de près l’évolution de la situation aux côtés de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), tout en soulignant qu’aucune menace immédiate ne pèse actuellement sur le Royaume.

L’alerte a été transmise à l’OMS le 2 mai par le Royaume-Uni. À bord du navire concerné, 147 personnes de 23 nationalités différentes se trouvaient en mer, dont 88 passagers et 59 membres d’équipage. Au 6 mai, huit cas de maladie à hantavirus avaient été identifiés, parmi lesquels trois confirmations en laboratoire et cinq cas suspects.

Le bilan est lourd. Trois décès ont déjà été enregistrés. Un autre patient reste dans un état critique.

Les premiers symptômes sont apparus entre le 6 et le 28 avril. Plusieurs malades ont développé de fortes fièvres, des troubles gastro-intestinaux puis, dans les cas les plus sévères, une dégradation fulgurante de l’état respiratoire. Pneumonie aiguë, détresse respiratoire, état de choc : le tableau clinique a évolué comme une tempête qui se lève sans prévenir.

Le navire avait quitté Ushuaia, en Argentine, le 1er avril, avant de traverser plusieurs zones isolées de l’Atlantique Sud. Les autorités sanitaires tentent désormais de déterminer si les passagers ont été exposés à des rongeurs infectés ou à des environnements contaminés lors des escales ou avant l’embarquement. Au 4 mai, le bateau se trouvait au large du Cap-Vert.

Les hantavirus appartiennent à une famille de virus zoonotiques transmis principalement par des rongeurs sauvages. Le virus se propage à travers les urines, les excréments ou la salive des animaux infectés. Dans la majorité des cas, la contamination humaine survient après l’inhalation de particules contaminées dans des espaces fermés ou mal ventilés.

Concrètement, nettoyer une pièce infestée de rongeurs sans précaution peut parfois suffire à déclencher l’exposition. Les activités agricoles et forestières figurent également parmi les principaux facteurs de risque.

Le ministère rappelle toutefois un point crucial : la transmission interhumaine reste extrêmement rare. Seuls quelques épisodes liés au virus Andes, en Amérique du Sud, ont documenté ce phénomène. Le taux de reproduction du virus est ainsi considéré comme très faible, loin des scénarios de propagation massive observés lors d’autres crises sanitaires mondiales.

Deux formes principales de la maladie existent. Le syndrome pulmonaire à hantavirus, observé surtout dans les Amériques, et la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, plus fréquente en Europe et en Asie. Dans certaines formes pulmonaires sévères, le taux de létalité peut atteindre 50%.

À ce jour, aucun vaccin homologué ni traitement antiviral spécifique n’est disponible contre cette infection. Le diagnostic repose essentiellement sur les tests PCR et les analyses sérologiques.

Malgré la gravité des cas recensés à bord du navire, l’OMS considère que le risque mondial reste faible. L’organisation ne recommande actuellement aucune restriction de voyage ou de commerce, mais appelle les États concernés à poursuivre les enquêtes épidémiologiques et les contrôles sanitaires.

Pour le Maroc, les autorités sanitaires veulent éviter toute psychose. Le message est clair : vigilance renforcée, oui. Panique, non.

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